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La voiture volante franco-américaine

Par le 10 décembre 2013 | #Nouvelles techno

L’avenir du transport urbain appartient peut-être aux aéronefs à décollage et à atterissage vertical (ADAV), ces engins hybrides, mi-voiture mi-hélicoptère, pratiques et performants sur le plan environnemental. Rencontre avec l’entrepreneur français Gary Chorostecki, co-fondateur du consortium Mixaerospace, dont le projet de voiture volante avance à grands pas.

U&R : Vous êtes en train de mettre au point une voiture volante. Quelles sont ses particularités ?

Gary Chorostecki : Les Américains adorent employer ce terme de « voiture volante » mais il s’agit plus exactement d’un ADAV, un « aéronef à décollage et atterissage vertical ». Celui sur lequel nous travaillons est un véhicule hybride, équipé d’un châssis à trois roues et d’un système d’intelligence robotique embarquée. Il est propulsé par une triple hélice multidirectionnelle et l’ensemble des composants du véhicule sont intégralement recyclables. Le module roulant est 100% électrique et nous souhaitons, à terme, pouvoir alimenter l’aile volante avec du jatropha, une plante qui a déjà été utilisée avec succès comme agrocarburant. Surtout, notre ADAV devrait être le premier dont le module de propulsion peut se détacher et se recliper au module principal, selon les besoins de déplacement. Ce véhicule est aussi autonome, pilotable à distance comme en drone en cas de besoin. Dans un premier temps, il devrait pouvoir accueillir trois ou quatre personnes mais, à plus long terme, l’idée est de concevoir des ADAV plus familiaux, pouvant accueillir 6 à 8 personnes.

Qui pourrait être intéressé par ce type de véhicule ?

L’exploitation de cet ADAV dépend de la législation relative aux hélicoptères. Dans un premier temps, il s’adresse donc plutôt au secteur de l’aéronautique militaire et de la sécurité civile. Avec ce type de véhicule hybride, on peut facilement récupérer des blessés, distribuer des médicaments et remplir bien d’autres missions humanitaires, notamment dans les zones sinistrées. Notre ADAV aurait, par exemple, tout à fait pu intervenir sur le site de Fukushima après le passage du tsunami en 2011. Il devrait aussi intéresser les publics utilisant déjà des hélicoptères. On peut aussi imaginer une utilisation touristique, pour le transport ou la visite de sites naturels sous de nouveaux angles. Mais je suis convaincu qu’à plus long terme, aux environs de 2040, chaque famille pourra posséder son propre ADAV.

Comment se passe le financement d’un tel projet ?

Au départ, je me suis associé ave François Buron, fondateur de la société Diedre Design. En octobre 2010, nous avons créé ensemble le consortium Mixaerospace. Depuis, deux autres associés ont rejoint le projet, dont le financement sera surtout américain. Nous partons pour la Silicon Valley, probablement début mars 2014, pour présenter le brevet, l’équipe et aller chercher de nouveaux partenaires financiers. L’idée, c’est d’installer là-bas le siège de la société et de créer une filiale en France, idéalement en Aquitaine ou en Midi-Pyrénes, pour bénéficier d’une double expertise et créer de l’emploi en France, où le niveau de recherche & développement demeure excellent.

Pourquoi ne pas être resté en France pour développer votre ADAV ?

Trouver des capitaux en France, c’est possible. Même pour des projets industriels nécessitant une forte mise de départ. Le problème, c’est qu’ici, pour bénéficier de fonds institutionnels, il faut apporter dès le départ au moins 50% du financement du projet en fonds propres. Il faut donc être créateur, mais aussi millionnaire… Aux Etats-Unis, en revanche, les leviers d’amorçage sont beaucoup plus nombreux : on peut profiter plus facilement de l’aide de ventures et de fonds d’investissement.

Quand votre ADAV sera-t-il prêt ?

Nous devons déjà achever l’étude de faisabilité, trancher définitivement tout ce qui concerne par exemple le système de motorisation ou la structure des matériaux du véhicule. Cette phase devrait s’achever au mieux à la fin de l’année 2014. On entrera alors dans la phase de prototypage, qui devrait durer entre deux et trois ans. Mais on devrait tout de même pouvoir présenter le véhicule dans plusieurs salons d’ici un an.

Comment nous déplacerons-nous dans 20 ou 30 ans ?

Le futur passera forcément par le partage, la mobilité et le désengorgement des villes. Les moyens de transport de demain seront donc modulaires et multimodaux, mais aussi moins bruyants et plus écologiques. Petit à petit, nous allons abandonner les systèmes de motorisation que nous connaissons aujourd’hui. Je suis convaincu que dans les années 2040, il y aura des ADAV pour tous les publics. Dans un premier temps, les voitures volantes seront des taxis, puis elles seront adoptées par la gendarmerie, et enfin elles finiront par se démocratiser.

Quels sont les autres projets de Mixaerospace ?

Nous avons lancé il y a quelques mois un programme fantôme, en collaboration notamment avec un astrophysicien travaillant dans le Gers. Même si je ne peux pas tout dévoiler, je peux vous annoncer qu’un nouveau véhicule avant-gardiste sera prêt à l’automne 2014. Il s’agit d’une alternative aux véhicules à roues. Nous espérons pouvoir le dévoiler à ce moment-là, au salon « Future Cities » de Dubai ou, pourquoi pas, au prochain Salon de l’Automobile de Paris.

Retrouvez toutes les informations sur les projets de Mixaerospace

Usbek & Rica

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